Ressources pédagogiques de la filière semences
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La sélection du colza

Chiffres clés

En 2022 :

  • 14 entreprises de sélection
  • 270 variétés de colza oléagineux inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés des plantes cultivées en France
  • 35 nouvelles variétés/an

Un peu d’histoire

L’Allemagne a été le berceau de la sélection du colza en Europe. En France, les premières variétés sélectionnées étaient des variétés dites « population », obtenues par sélection massale à partir de variétés allemandes. Les tout premiers travaux de sélection n’ont réellement commencé qu’avec la création de l’Inra, en 1946.

Alors que les colzas cultivés jusque-là étaient des variétés population, la réglementation mise en place- l’instauration du système d’inscription des variétés et la création du CTPS en 1942, puis la mise en place de l’UPOV et de la DHS au début des années 60 – a favorisé la création de lignées pures homozygotes. Cela permettait d’apprécier plus facilement le progrès apporté par chaque génotype nouveau et offrait à l’agriculteur une garantie sur l’identité de la variété semée. Sarepta fut ainsi la première variété lignée obtenue par sélection généalogique par l’Inra.

L’évolution des rendements moyens observés dans les essais CTPS traduit l’importance du progrès génétique réalisé en cinquante ans. Le rendement moyen est passé de 20 q/ha environ dans les années 1960-1970 à 40-45 q/ha dans les années 2000, soit une progression annuelle théorique de 0,75 q/an.

Pour aller plus loin et gagner de nouveaux points de productivité, les chercheurs ont travaillé sur la création d’hybrides.

Aujourd’hui, le gain de productivité obtenu par les hybrides est tel que les semenciers déposent à l’inscription essentiellement ce type de variétés.

Après une recherche de productivité en grain et en huile, les objectifs de sélection évoluent sous l’influence de la diversification des marchés à satisfaire, des changements de réglementation (Ecophyto) et de la pression sociétale. L’amélioration des plantes essaie de répondre à ces attentes en multipliant les caractères pris en compte, en élargissant la diversité génétique et en modernisant ses méthodes de travail. Les études sur les interactions génotype x milieu x conduite de culture trouvent dans ce contexte un regain d’intérêt .

Pour en savoir plus sur le colza et sa sélection, lire l’ouvrage  « Le colza » aux Editions France Agricole, 2013.

Le principe de la création d’un hybride de colza

Les variétés hybrides sont produites par croisement d’une lignée parentale femelle mâle-stérile (c’est-à-dire non productrice de pollen) et d’une lignée parentale mâle dite « restauratrice », productrice de pollen, qui restaure 100 % de la fertilité mâle ; on obtient ainsi un hybride fertile.

Lignée parentale « femelle »
Pour obtenir une lignée parentale femelle, la plupart des sélectionneurs utilisent la stérilité mâle cytoplasmique dite CMS (de l’anglais « cytoplasmic male sterility »), du système Ogu-INRA. Le gène responsable de cette stérilité mâle est issu de plantes de radis et est localisé dans l’ADN cytoplasmique, d’où son nom.

Lignée parentale « mâle »
Le pollinisateur mâle doit restaurer la fertilité des semences récoltées chez les femelles. Toutes les plantes de colza oléagineux productrices de pollen ne sont pas capables de « restaurer » la fertilité mâle. Elles doivent pour cela contenir un gène de restauration de fertilité : on parle alors de lignée parentale mâle restauratrice de fertilité.
L’éloignement génétique des lignées mâle et femelle est déterminant pour le succès des hybrides restaurés. Si des pools de matériels suffisamment éloignés génétiquement les uns des autres peuvent être développés, des effets hétérosis sont obtenus.
L’hétérosis est aussi appelé « vigueur hybride » : l’hybride obtenu bénéficie en effet d’un rendement plus élevé que celui de ses parents, mais aussi un meilleur comportement face aux stress biotiques comme abiotiques.